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HopSignor!
Ce site est dédié à la mémoire du poète
Max Elskmamp
(1862-1931)
Voir les pages y consacrées dans le site du Testament des Poètes
Ebauche d'une histoire de la littérature belge de langue française
Une
histoire de la Révolution belge de 1830
| Extraits
de l'oeuvre de Jean-Marie Abel Des extraits de votre oeuvre peuvent également paraître ici,moyennant acceptation par Robert Paul |
Ils furent invités par Robert Paul aux séances de signatures Arts et Lettres :
Jacques Goyens: Poète et écivain
Isabelle Bielecki: Poète et dramaturge
Jean-Louis Crousse : Poète
Jean Baudet : Pilosophe et Historien des sciences
Henry Lagneaux: Romancier et Poète
Louis Savary : Aphoriste wallon
Michel Joiret: écrivain
Dominique Aguessy: écrivain et sociologue
Päscale Hoyois
Jacqueline De Clercq: écrivain
Séance du SAMEDI 6 décembre 2008 (de 15h à 18h)
Invitée: Pascale Hoyois

PASCALE HOYOIS - BIOGRAPHIE DE L’AUTEUR
RECITANTE
Premier Prix d'Eurythmie au Conservatoire Royal de Mons, puis Premier
Prix de Déclamation au Conservatoire Royal de Bruxelles en 1984, elle
a fêté son 100e récital de textes en avril 1995. Elle est aussi soliste
récitante dans des concerts classiques, avec la Chorale Royale Protestante
de Bruxelles ou l'Ensemble Vocal Spivaïmo.
CREATRICE DE SPECTACLES
En 1993, elle fonde l’association Parler d'Etre, reconnue par les Tournées
Art et Vie, où elle crée une douzaine de spectacles sur des thèmes psychologiques
ou humanitaires, dont les théâtre-débats sur l’alcoolisme ou sur la dépendance
amoureuse.
ANIMATRICE
Depuis 1984, après l’obtention d’un brevet d'animatrice-formatrice en
arts du spectacle au Centre de Formation d’Animateurs, elle anime des
ateliers de théâtre pour enfants ou adolescents. Elle propose également
des groupes pour adultes d’épanouissement personnel et de scénothérapie
(formation de deux ans à Paris) et crée des stages (Remotivation et orientation
professionnelle, Groupes sur la Dépendance amoureuse, Thérapie par le
texte, Affirmation de soi et communication, Jeu théâtral et expression
de soi).
ACCUEILLANTE et ECOUTANTE AU TELEPHONE
Association 29 rue Blanche (problèmes sociaux des femmes),
SOS VIOL (viols et violences),
Parler d’Etre (dépendance amoureuse et alcoolisme).
AUTEUR
Après avoir rédigé - et interprété en tant que récitante - poèmes, chansons
et pièces de théâtre, la forme du roman représente pour elle un aboutissement
de trente ans d'écriture. Son sixième roman, « George et Moi» est paru
aux Editions Convaincre en septembre 2004. Pascale Hoyois est membre de
l’Association des Ecrivains Belges de Langue Française et de l’Association
Royale des Ecrivains Wallons.
PRODUCTION LITTERAIRE
32 recueils de poèmes, 1 recueil de chansons et de composition de mélodies,
1 cd + livret de textes sur musique, 1 fiction radiophonique pour enfants,
2 recueils de nouvelles, 7 pièces de théâtre (dont 4 jouées), 10 romans.
LES ŒUVRES EDITEES DE PASCALE HOYOIS
1) Funambule au fil des mots
Bruxelles. Editions Parler d’Etre. 1996.
Recueil de poèmes à la recherche de l’équilibre, sur les thèmes de l’amour,
de la démocratie, du bien-être.
2) L’Aube du Troisième
Bruxelles. Editions Parler d’Etre. Bruxelles. 1999.
CD et livret de textes tirés d’un spectacle créé par l’auteur avec la
musique du groupe belge Zardoz, sur les peurs et les espoirs du Troisième
Millénaire.
3) Les Pétales du Plaisir
Bruxelles. Editions Parler d’Etre. 2003.
Recueil de textes, poèmes et chansons d’un spectacle créé et interprété
par l’auteur sur le thème de la sensualité féminine.
4) George et Moi
Baudour. Editions Convaincre Belgique. 2004.
Roman sur la correspondance imaginaire entre George Sand et une jeune
femme d’aujourd’hui, de l’admiration à l’identification.
Les extraits de presse :
L’Echo du Berry, France, 21 avril 2005
Cet ouvrage, un brin facétieux, use d’un subterfuge ingénieux pour évoquer
de manière vivante Sand et son actualité. Mais les personnages de « George
et Moi » possèdent leur propre épaisseur romanesque. Une évocation fraîche,
vivante et pleine de fantaisie.
Michel Ducobu, écrivain belge
D’une écriture à la fois simple et très mûre, d’une clarté permanente,
ce roman très documenté, très atypique, très personnel et vivant, est
animé par un très grand idéal. C’est trop rare pour ne pas le saluer.
Daniel Berditchevsky, Le Bibliothécaire, mars 2005
Voici un roman épistolaire surprenant. Des lettres pleines de passion
sont marquées du sceau d’une quête. La prose coule de source.
Sylvie Godefroid, Sabam Magazine, mars 2005
C’est un vrai petit bonheur, à lire, vraiment !
Florence Acke, psychologue-conseil
Pascale Hoyois scrute et découpe au scalpel un parcours initiatique et
identificatoire avec une poésie envolée pleine d’inspiration.
Julie Braun, Wolvendael, avril 2005
Sa plume nous entraîne à la découverte de personnages en quête d’eux-mêmes,
passionnés, déroutés et résolument vrais.
5) J’ai rêvé d’un monde sans ça
Bruxelles. Editions Parler d’Etre. 2008.
Roman : Prônant une union mondiale pour la solidarité et la coopération, le 10ème roman de PASCALE HOYOIS va vous faire voyager au travers d’une idée aux horizons magnifiques !
Au début du XXIème siècle, à la suite d'une grave crise internationale, le Commissaire Européen des Relations Extérieures s’intéresse à une nouvelle théorie décrite dans un roman d’anticipation audacieux. Il s'en suit un grand changement mondial au cours duquel les personnages vivent des histoires qui parlent de révolution pacifique, d’amour et d’amitié, d’échanges culturels et de nouveaux choix de vie.
L’avis des premiers lecteurs :
Un livre révolutionnaire et percutant qui démontre la possibilité d’une
autre société.
C’est aussi un roman d’aventure où les personnages sont attachants et
très divers.
Christiane, animatrice culturelle, 47 ans
C’est vraiment EXTRA ! Je suis estomaqué par le parti, tant littéraire
que philosophique, qui a été tiré de l’idée.
Bernard, ingénieur civil pensionné, 70 ans
J’ai dévoré ce roman passionnant. Je ne suis pas arrivée à le lâcher.
S’il ne devient pas un best-seller, alors, je ne comprends plus rien.
Sophie, secrétaire dans un théâtre, 35 ans
J’ai vraiment été séduite par l’idée. Pour ma part, je vote oui.
Nadine, secrétaire d’une O.N.G., 53 ans
Ce roman se lit en une traite. J’ai cependant envie de creuser plus loin,
d’avoir plus d’informations sur l’organisation de la Réunification.
Jean-Claude, ingénieur chimiste pensionné, 67 ans
Si un parti politique était basé sur l’idée de ce roman, je voterai pour
lui. Les personnages sont très vivants. Ils m’ont touchée. Je verrai très
bien cette histoire portée au cinéma.
Florence, psychologue, 38 ans
Vraiment, j’étais étonnée. Ce roman vaut tous les livres contemporains.
C’est le chaînon manquant de mon utopie. A très bientôt, j’espère, sur
toutes les chaînes de télé du monde !
Jessica, dessinatrice de BD pour enfants, 24 ans
J’ai adoré ! Ce roman est motivant, philosophique, plein de suspense.
Le style est prenant et les personnages sont touchants. J’aimerais que
cette fiction devienne réalité. J’en rêve !
Jennifer, lycéenne, 18 ans
SEANCE DU 27 SEPTEMBRE 2008
Invitée: Jacqueline de Clercq
Ecrivain
Diplômée de l’Université libre de Bruxelles, Jacqueline De Clercq y exerça une activité de chercheur au sein de l’Institut de Sociologie, durant une vingtaine d’années.
Ayant quitté l’université, elle se consacre à la création littéraire. En 1991, elle publie à Amiens, « La Demeure des aulnes » qui est couronné par le Prix M. Van de Wiele, décerné par la Fondation Charles Plisnier en 1992. A propos de ce recueil de nouvelles dont Bruxelles, la ville natale de l’auteur, est le centre et la ligne d’horizon, Eric Brogniet écrit : Dans « La Demeure des aulnes », les thèmes entrelacés de l’architecture et de la géographie urbaines servent de fil conducteur à une pensé qui oscille sans cesse du rêve au fantasme et du fantasme à l’Histoire. Bruxelles, ville d’eau, ville d’aulnes, ville-Protée, ville en perpétuelle transformation, en est le noyau. Pour un premier livre de fiction, il s’agit d’une réussite incontestable dont la palette d’écriture et la liberté primesautière de l’imagination sont les garants. Entre passé et présent, Jacqueline De Clercq nous raconte d’une manière à la fois réaliste et surréelle huit histoires de fracture du temps et de l’identité à partir d’un certain espace qui en est le témoin. (…) Ecriture de l’éphémère, écriture sans fin ressourcée par le nombre de ses rythmes et de ses tonalités, et dont la variété éclaire cependant l’unité du propos, « La Demeure des aulnes » se situe au carrefour de la prose (dans sa forme) et de la poésie (dans son fond). (L’Ethnie française, 1992)
En 1994, paraît à Bruxelles « La Comptine du temps » qui conte l’immémoriale histoire d’amour unissant un (h)être à sa terre d’élection, au fil du temps. Inspiré par l’annonce du projet de séquençage du génome humain, ce poème en prose fait écho à l’alphabet de quatre lettres de l’ADN, par lequel s’écrit la structure génomique du Vivant. Composé en quatre chants à l’enseigne, chacun d’une de ces quatre lettre : A comme arbre, argile attente, C comme cri, craie, catastrophe, G comme golem, T comme terre, temps, Thot, ce texte est aussi une petite histoire du monde. S’entretenant avec l’auteur, le critique Thierry Génicot lui propose : Parlons de l’écriture de ce livre, une écriture de la métaphore ? Jacqueline De Clercq : Oui. De l’ellipse, de la litote, aussi. Une écriture allusive qui suggère plus qu’elle ne décrit… Th. Génicot : L’écriture d’un poète ! (Emission radiophonique « Un livre, une voix », RTBF, 1995)
« La Demeure des aulnes » et « La Comptine du temps » viennent de faire l’objet d’une réédition en français et d’une traduction en italien par R. Campagnoli, parues à Bologne, aux éditions CLUEB dans la collection Belgica, 2007. (www.clueb.com)
Avec « Courts Circuits, haute tension », Jacqueline De Clercq réunit,
sous l’égide de la fiction courte, des textes en prose et en vers que
publie l’Arbre à Paroles dans la collection Traverses en 1996. Dans la
critique qu’elle lui consacre dans les colonnes du journal Le Soir, Pascale
Haubruge écrit : Jacqueline De Clercq compose un « Courts circuits, haute
tension » tendu de fureur de vivre et de plaisir. Ses textes sont plus
nourris que ceux de ses consœurs ; refusant de ne laisser que quelques
mots sur la page, elle en habite l’espace avec générosité. Le poème, ici,
est histoire ; l’auteur raconte d’une plume jouisseuse, avide, féminine
avec délectation. Une poésie des sens »
« Balisage autoroutier » paraît en 1997 à Liège aux éditions électroniques
MotaMot.
« Roberte ce soir, via Omero », réunit sous le label, livre d’artiste,
un récit de Jacqueline De Clercq et des xylographies originales de Roger
Dewint, aux Editions Pittoresques, Bruxelles, 2002 (tirage limité).
De son roman, « Madame B. », paru aux éditions Luce Wilquin en 2001, Philippe Dewolf déclare, dans un entretien télévisé avec l’auteur à la Foire du Livre de Bruxelles : d’entrée de jeu, on se trouve en présence d’un roman atypique reposant sur deux axes : la langue et une certaine approche d’un certain pays. Et France Bastia de préciser : Madame B. ?... Entendez, Belle, fille du Wallon Archibald Chique et de la Flamande Godelieve Vlamingen, autrement dit, Belle Chique, née en juillet 1830 et dont la personnalité et la vie tumultueuse s’identifient et se confondent avec celles d’un pays dont le nom en toutes lettres n’est jamais écrit. Si l’on ajoute à cette idée déjà originale que c’est un chef cuisinier, au parler aussi savoureux que les plats qu’il concocte, qui la raconte à des confrères au fil d’un repas aussi érudit que gastronomique, on aura compris que nous avons droit ici à une histoire du pays aussi cocasse qu’inédite ! Pour se jouer avec audace et talent de la langue, il faut en posséder d’abord la maîtrise parfaite. C’est ce que détient absolument Jacqueline De Clercq et l’on n’en goûtera qu’avec plus de délectation les jeux verbaux et la fertile imagination ! (La Revue Générale, 1/2002)
Début 2008, les éditions Orizons que dirige Daniel Cohen à Paris, publient Le Dit d’Ariane dans la collection Littératures. « D’une île à l’autre, de tragédies en découvertes personnelles, Ariane accoste finalement en Sardaigne où elle récrit sa légende. Traversé par le deviens qui tu es nietzschéen, son récit retrace la vie mouvementée d’une femme qui pourrait être notre contemporaine. Au fil des nombreuses péripéties qui balisent son existence, elle n’a de cesse de questionner le sens, ferment de sa réelle identité. Vie et mort, trahison et fidélité trament ce parcours de tous les dangers et signent la métamorphose d’Ariane. » (Extrait de la quatrième de couverture) Site : http://www.editionsorizons.com
A paraître en juin 2008, « Chronique d’une réécriture d’un mythe antique par son auteur : Le Dit d’Ariane», in actes du colloque « Métamorphoses du mythe », Paris, éditions Orizons, coll. Universités/Domaine littéraire, 2008.
SEANCE DU SAMEDI 5 AVRIL 2008
Invité: MICHEL JOIRET
Ecrivain
En bref : Michel JOIRET est l’Auteur notamment du très bel ouvrage de
référence « La littérature belge de langue française » (Hatier, 2000)
et fondateur-animateur d’une revue littéraire belge très prisée (Le NON-DIT,
Avenue Emile Van Becelaere, 24 B/bte 4, 1170 Bruxelles). La rencontre
informelle proposée par Robert PAUL est motivée par la sortie du dernier
livre (policier) de l’Auteur, Le Tueur de jonquilles (Dricot, 2008).
Michel JOIRET fut nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres par
Jack LANG en 1990.
Michel Joiret, polygraphe de l’émotion, de la dérision, de l’amour et
de l’angoisse
Poète, romancier, auteur dramatique et essayiste, auteur notamment d’un ouvrage de référence : La littérature belge de langue française (éditions Didier Hatier, Bruxelles, 2000), Michel Joiret explore toutes les ressources de l’écriture avec une opiniâtreté et un engagement de tous les instants. Auteur d’une quarantaine d’ouvrages et lauréat de plusieurs Prix, Joiret saisit les moments forts de l ‘existence en façonnant une œuvre aux multiples facettes. Jean-Luc Wauthier parle fort pertinemment de lui en évoquant la trajectoire de l’écrivain : « Né en 1942, ce poète qui écrit et publie au reste très tôt manifeste, dès se débuts certes, mais en son âge un curieux esprit de réaction, voire d’opposition plus ou moins consciente aux dilections de presque tous ses compagnons de route. On se souvient que, de Jacques Izoard à Christian Hubin en passant par Gapard Hons ou Werner Lambersy, tous les poètes belges du temps avaient pour ambition de tordre le cou à l’éloquence, d’économiser un maximum de moyens de fuir et le drapé lyrique. Seules exceptions : Jacques Crickillon et Michel Joiret. » Après avoir évoqué l’ « enchanteur désenchanté » qui distingue le premier, Wauthier poursuit : « La démarche de Joiret est plus directe et Marcel Moreau ne s’y est pas trompé, plus directement humaine. Car l’œuvre entière de Michel Joiret nous raconte l’éternelle et poignante histoire d’un homme jeté par hasard dans la vie, sauvé de l’absurde par le recours au corps de l’être aimé, puis, l’âge venant, condamné, Sisyphe de l’érotisme, à combler par la chair et la frénésie vitale, le trou béant d’une mort qui, malgré la peur et les refus, lui va comme un gant ». Il conclut en ces termes : « … Tentons de voir comment et pourquoi ce jeune et sage poète presque académique s’est soudain, au cours des années septante, métamorphosé en un ironiste décapant, blessé vif aux tessons de la vie. » (1) Ce que révélait Marcel Moreau à propos du Chemin d’Amandine (2) : « Bien des beautés surgissent, ou affleurent, que l’on a envie soit de clouer dans le regard, soit de capturer en douce » n’est pas effacé dans la production actuelle. Celui que Pierre Maury appelait : « Le romancier de l’amour » prend aujourd’hui un malin plaisir à suivre les enquêtes de Théodore Saint-Loup, Commissaire principal à la ville de Bruxelles, lui qui cherche la vérité des autres en occultant le « foutoir » de sa propre existence… Rigoureux dans la conduite de ses intuitions, Saint-Loup se souvient du crédit que Simenon accordait au passé des malfaiteurs… A propos du précédent polar : « A l’Enseigne du Beau Noir », Francis Cambron évoquait avec pertinence la personnalité de l’étrange commissaire : « Sous les dehors de l'indifférence blasée, Saint-Loup est le seul à offrir une épaisseur humaine; c'est un peu le Philip Marlowe de la situation: faiblesse de la chair, sauvegarde des principes éthiques de base, attention à autrui, générosité, compréhension, empathie…voilà quelques traits de sa personnalité propres à favoriser la proximité bienveillante du lecteur. S'il donne parfois l'impression d'être dépassé par les événements (c'est-à-dire que les criminels ont le plus souvent une longueur d'avance sur lui), on se rend compte que son attention est constamment en alerte, qu'aucun détail ne lui échappe pour lui permettre de fonder son opinion. Si sa détermination est sans faille, l'auteur n'en fait pas pour autant un héros flamboyant, il en sauvegarde au contraire le caractère humain, trop humain: Saint-Loup mène une vie privée affective chaotique et régulièrement, des problèmes existentiels se posent à lui (le couple, le sens du travail, les relations sociales…). » Dans la foulée, il relevait le rythme soutenu (haletant) du récit : « Au niveau de la composition, le récit se subdivise en petits chapitres dont la succession rythme de façon soutenue la progression narrative. L'auteur veille ainsi à garantir la tension, le suspense. La densité évocatrice des traits descriptifs (où Michel JOIRET laisse percer un esprit lucide et critique de bon aloi), la vivacité des dialogues naturels, bref: la grande économie des moyens stylistiques entraîne le lecteur dans une enquête sans temps mort. » (3)
Saint-Loup, entre anarchisme et dérision ? La question posée porte en soi sa réponse, même si le créateur s’en remet volontiers à la totale indépendance de ses personnages. Dans Le Tueur de jonquilles, l’enquête cède le pas à une fiction bien plus roborative que la piste d’ un « serial killer ». Pourquoi le commissaire Saint-Loup boude-t-il un succès que nul ne conteste ? Si la redoutable filière qu’il vient de démanteler a mobilisé toute son énergie, il ne peut s’empêcher de penser à l’exceptionnelle personnalité du tueur… La motivation lui échappe et la relation entre les différents crimes lui apparaît incohérente. Il faut être malade (ou désespéré) pour exécuter sauvagement des jeunes gens promis à un bel avenir. Théo rumine de sombres pensées et sa victoire à la Pyrrhus conforte sa perplexité. Et puis il y a ce dingue qui fauche stupidement des jonquilles dans un jardin public… Pour Joiret, c’est dans « l’insignifiant » qu’il faut chercher les plus retentissantes forfaitures. La nature humaine est ainsi faite. Mourir n’est rien d’autre qu’un assassinat perpétré par le temps. C’est donc avec le temps qu’il faut croiser le fer. Dans son dernier roman, Michel Joiret s’implique plus qu’il ne paraît… Et puis, l’écriture dite « populaire » n’est-elle pas le simple paraphe du vécu ?
Nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1990 par Jack Lang, Ministre de la Culture, de la Communication, des Grands Travaux et du Bicentenaire, Michel Joiret reçoit le Prix des Lecteurs de Notre Temps pour son ouvrage sur la littérature belge de langue française, écrit en collaboration avec Marie-Ange Bernard. Auteur de La Route des Epices (2005), un livre de poèmes et de l’Enseigne du Beau Noir (polar 2005), il a publié L’Heure de fourche (2000), un récit policier dont l’action se déroule au cœur d’Ixelles, à deux pas de la place Flagey. Le commissaire Saint-Loup et les inspecteurs Roos et Van Gaal s’y trouvent mêlés à de secrètes et redoutables manigances au cœur même de l’école. Une nouvelle : Le jeune homme du banc, est distinguée par le Prix Gilles Nelod (2008). Michel Joiret est membre de l’Association internationale Michel de Ghelderode et consultant auprès du Bureau Pédagogique de la Province de Hainaut pour les projets pédagogiques se rapportant à la lecture. Fervent lecteur de Marcel Proust, Pierre Loti et Philippe Sollers, Joiret est passionné par le Nouveau Roman et anime Le Non-Dit une revue d’art et de littérature qui fêtera ses vingt ans en septembre 2008.
Lors de la Rencontre du 5 avril, il y aura une surprise pour les dames à qui le commissaire réserve une attention toute particulière…
(1) Jean-Luc WAUTHIER, dossiers L, n° 32, fascicule 1
(1) Marcel MOREAU, préface du Chemin d’Amandine, roman, 1999,, éd. Luce
Wilquin
(2) Francis CAMBRON, Notes jaunes CPEONS
SEANCE DU SAMEDI 24 MARS 2007
Invité: JACQUES GOYENS
Poète et écivain
Jacques Goyens est né en 1939. Après ses Humanités gréco-latines, il effectua
une licence en Philosophie et Lettres à l’Université Catholique de Louvain.
Ensuite il entama une carrière d’enseignant de français et d’histoire
dans une école secondaire bruxelloise. A quarante ans, il obtint le Certificat
d’italien à l’Université Libre de Bruxelles.
Il fut toujours tenté par le démon de l’écriture, mais ce n’est qu’à l’aube
de la retraite qu’il se décida à mettre au net les brouillons qui s’entassaient
dans ses tiroirs (poèmes, nouvelles, ébauches de romans). En 1999, il
publia son premier roman « Les enfants de Munich ». Ce récit est à la
fois un roman d’apprentissage et le reflet de toute une génération qui
a grandi dans le contexte particulier de l’après-guerre.
En décembre 2000, comme pour fêter la fin du millénaire, il publie « Harmoniques
», recueil de quarante-quatre poèmes d’inspiration diverse. Les thèmes
sont : l’amour (toujours), la mort (fatalement), les petits faits de la
vie quotidienne, l’usure du temps, mais aussi l’infini du temps et de
l’espace. Les formes aussi sont multiples : cela va du haïku au poème
de cinquante vers, porté par un souffle épique ou lyrique ; tantôt petits
textes rabotés, ciselés, tantôt poèmes en prose où l’auteur laisse libre
cours à sa fantaisie.
En 2003 parut « La Vie, là-bas ». Ce livre trouve son point de départ
dans une pénible expérience d’accompagnement d’une personne en fin de
vie. Dans la première partie, l’auteur raconte le séjour de Myriam à l’hôpital
pendant les quatre semaines qui ont précédé sa mort, et cela de la manière
la plus objective possible, ce qui fait ressortir davantage la tragique
réalité. La seconde partie, intitulée Métastases, constitue un essai sur
les grands thèmes de la vie, de l’amour à la mort. Enfin, pour clore ce
triptyque, un ensemble de textes à caractère poétique, suggèrent le passage
vers un autre monde, plus harmonieux, qui serait l’accomplissement de
toutes nos ébauches terrestres.
En 2004 Jacques Goyens publia « Le partage des eaux », fiction où l’analyse
du sentiment amoureux occupe une place prépondérante. Cinq héros, Danielle,
Marcel, Sophie, Julien et Delphine sont livrés aux fantaisies du destin.
Les relations se resserrent ou se distendent jusqu’au dénouement final,
inattendu, imprévisible. Ce roman est construit selon un schéma de tragédie
antique : une succession d’amours à sens unique qui ne peut trouver de
solution que dans un événement tragique
En 2006, un second recueil de poèmes vit le jour : « Chants à deux voix
», préfacé par Michel Ducobu. Le recueil est divisé en cinq mouvements,
à la manière d’une sonate ou d’une symphonie. Les deux voix sont les deux
pôles qui constituent la trame de l’être humain : l’ici et l’ailleurs,
le fini et l’infini, l’innocence et l’expérience ou encore le féminin
et le masculin.
SEANCE DU Samedi 7 avril 2007
Invités: Isabelle Bielecki et Jean-Louis Crousse
ISABELLE BIELECKI
Poète et dramaturge
« Qu’elle fouille ! » avait crié son père en réponse à sa mère qui avait
dit : « elle ne trouvera rien. D’ailleurs, elle n’en est pas capable.
»
Et Isabelle Bielecki s’est mise à fouiller dans ses souvenirs. Longtemps.
Dans ceux de son père aussi, ce Russe rescapé des camps de concentration
qui ne pouvait pas s’arrêter d’en parler, et aussi dans ceux de sa mère,
cette Polonaise déportée et maltraitée dès ses 14 ans qui ne voulait pas,
surtout pas, même en parler. Et les mots russes de l’un firent autant
de dégâts dans la mémoire d’Isabelle Bielecki que les silences de l’autre.
Pas trop de leur vivant, car elle avait tendance à reléguer tout ça, ces
terribles souvenirs mis ensemble, en vrac, au fond de son jardin, entre
la haie de houx et trois bouleaux qui les couvraient d’une ombre épaisse.
Ce n’est qu’après la mort, aussi tragique qu’avait été leur vie, de l’un
comme de l’autre, qu’elle s’en souvint. Douloureusement. Un soir, où elle
se sentait particulièrement vide, elle se hasarda dans le jardin. Dans
le noir, une petite lampe tramblotante à la main. Avec le temps, tout
cela était devenu un vaste dépotoir.
Elle commença par ouvrir une caisse en carton à moitié défoncée. Une drôle
de créature y dormait. Encore vivante, elle faisait penser à une sorte
d’ animal familier autant qu’à une créature surnaturelle. L’intruse commença
par se débattre avant d’avouer son nom : Inspiration.
Les deux I, comme elles s’appelèrent, s’adoptèrent très vite. Elles se
mirent à manger ensemble, dormir ensemble et surtout, continuer à fouiller
ensemble. A deux, c’est plus facile de chercher, surtout d’imaginer ce
qu’on peut faire avec tant de découvertes. La petite Inspiration avait
une imagination débordante. C’est fou ce qu’elle parvenait à recreéer
avec des souvenirs brisés plus coupants que des tessons de bouteille,
des rêves plus dangereux que des bouts de bois aux échardes aussi fines
que des aiguilles. Ou encore avec plein de mots petits pois, bonbons acidulés,
boutons dépareillés, des phrases rubans, jupons déchirés, abat-jours défoncés.
Ensemble elles ramenaient le tout à la maison, classaient tout ce qui
était papier, nettoyaient les boîtes vides, les casseroles défoncées,
aéraient les vieilles fringues, lavaient et repassaient napperons et mouchoirs.
Alors commençait le miracle. Quelques morceaux de papier, une ficelle
et hop ! voilà un poème. Puis dix, puis des centaines de poèmes qu’Isabelle
Bielecki fit découvrir au Cercle littéraire Européen ainsi qu’au Grenier
Jane Tony, fit même éditer dans diverses revues poétiques avant de concevoir
un premier recueil de poésie : « Rêves sous le vent ». Un rideau défraîchi
sur des bouts de bois et voilà des répliques pour une pièce de théâtre,
puis deux puis cinq. « La grange » fut jouée deux années en suivant à
l’U.L.B, « promenade sur l’eau » et « valse nue » furent lues à la Maison
de la Bellone. « l’oubli est de vermeil » et «le vaisseau de sable » dorment
encore dans un tiroir. Puis vint le livre. Construit sur les souvenirs
déterrés du père et de la mère. Des bouts de squelettes pas très ragoûtants,
des fleurs desséchées, des couteaux émoussés, des bouteilles pleines d’un
liquide au goût de larmes, bref de quoi faire un roman : « les mots de
Russie ».
Isabelle Bielecki mit des années à comprendre que cette divine décharge
où, avec sa copine Inspiration, elle découvrait de vrais trésors, était
sa propre tête. Et les résultats obtenus, ce n’était pas tout à fait les
souvenirs d’origine, même si ça y ressemblait parfois très fort. Mais
la petite Inspiration la rassurait. Elle lui disait que ça se passait
toujours comme ça, que les souvenirs, c’est un peu comme du terreau et
que le terreau, ça aide à faire pousser les arbres et les fleurs. Et Isabelle
Bielecki, rassurée, continuait à recopier ce que lui soufflait la petite
Inspiration. Après tout, c’est à ça que servent les auteurs.
D’ailleurs, leur dernière création, c’est ce petit texte que vous découvrez
en ce moment. Et il y en aura d’autres. Promis.
JEAN-LOUIS CROUSSE
Poète
Jean-Louis Crousse (1932): études grec, latin et droit; formateur en Banque;
trois enfants, six petits-enfants; dix recueils de poésie, entre autres
Mille gris (Editions Saint Germain des prés)
Que faire d'une lampe, il pleut, le jour se lève (idem)
Le vif, l'à peine (Chambelland)
Le voyage léger (Galerie Racine)
Incertitudes (Art pluriel)
Sentes et sources (idem)
Du plus bas parler (Galerie Racine)
La nuit diamantine (GRIL)
Fumée sur papier (Editions de l'Acanthe)
Feuillage et silence (Librairie-Galerie Racine)
Passerelle de voix (en préparation)
et aussi
Aller là-bas (Edition de l'Acanthe) – conférence sur la poésie
Long hiver (Les Elytres) – journal
Journal suite (en préparation)
Présentation:
Passons vite, car il le faut bien, sur ses activités de critique, de préfacier,
d'essayiste, de conférencier, pour aller à l'essentiel, à la poésie, où
il marie l'écriture avec la chance incroyable de vivre, cette chance fût-elle
parfois terrible.
Ce qui intéresse Jean-Louis Crousse, c'est l'aller-retour vie-écriture,
le jeu léger des mots alors que tout n'est pas léger dans la vie, les
contradictions, les contrastes, la cohabitation difficile du carpe diem
et des passions. Plus qu'un autre je crois, ce poète a le sentiment de
l'impermanence des choses.
Par faiblesse? Par volonté plus ou moins concertée? Il laisse cohabiter
en lui les inconciliables, la pierre et le vent, l'eau et le feu, pour
tout dire il ne fait pas le ménage, ce n'est jamais prioritaire, pour
lui -il y a toujours un peut-être-, un mais, un si qui tempère ce qu'il
dit, qui le conteste.
Il guette la beauté, c'est je crois sa passion la plus violente, se postant
aux horizons pauvres, simples comme un léger frémissement de la terre,
ou de la mer, un coude de rivière dans la forêt, un vêtement, l'espace
qu'occupe et déplace une silhouette, un regard dans un visage, un rire,
une voix, de même, dans ses recueils, à l'intérieur de chacun d'eux, et
d'un recueil à l'autre il y a plus de distorsions, de différences que
d'homogénéité: sa poésie est sable et prose, faute d'être musicale autant
qu'il le voudrait, et elle se veut retenue, murmure, un rien dérisoire
de peur de n'être que l'expression nue, incontrôlée des mouvements du
coeur – n'en pas dire trop, en dire assez, n'écrire, ne parler que pour
ceux qui comprennent à demi-mots, s'exercer à faire comme à l'ébauche,
à la lisière d'un chant, c'est son côté Keats, Supervielle, Tchekhov.
Selon Pierre Yerlès qui fit un essai sur l'oeuvre de Jean-Louis Crousse,
il faut faire ressortir les tensions, les torsions rythmiques, vocaliques,
thématiques qui confèrent énergie et force quasi atomiques à cette poésie
de la légèreté, faire entendre les échos cosmiques dont résonne cette
poésie de l'intimité, faire éprouver la logique synesthésique d'une poésie
où le vocalisme du i, par exemple (du cri, du vif, du fil, du gris) génère
une coloration, ses harmoniques et ses dégradés, faire éprouver mieux
les affres et les délices du désir d'amour, de la maladie d'amour, du
deuil d'amour, de la tendresse et de la nostalgie d'amour que chante cette
oeuvre, sous l'égide des troubadours et de Schubert.
Il faut parler de la surprise, comme ressort ou moteur de cette poésie
qui est aussi celle de la voluptueuse inertie. On a pu dire à juste titre
que Crousse n'est jamais là où on l'attend.
On pourrait dire aussi qu'il n'est jamais sans doute, et n'est-ce pas
une part de son charme? où il s'attend lui-même?
Mais laissons pour finir le dernier mot à la vertu de douceur tapie dans
cette poésie, qui nous rend proches vivants et morts:
Morts familiers tendres visages
grises vies complexes
et douces passées
outre le paysage
Citation:
Dolce vita, si possible, dune où nous sommes, où nous répertorions ce
qui nous tombe sous la main, ce qui nous arrive sous le regard, sous la
peau, où nous négocions comme nous pouvons notre future et si proche disparition,
avec ce que nous avons d'humour, de gaieté, pourquoi pas de compassion,
de musique, une pointe d'ivresse, de danse intérieure, d'amitié.
Carpe diem (Long hiver)
SEANCE DU 19 mai 2007
Invité: JEAN BAUDET
Pilosophe et Historien des sciences
Jean C. Baudet, philosophe et poète, sera heureux de rencontrer ses lecteurs
à l’Espace Art Gallery, à l’occasion de la sortie de son dernier livre
Une philosophie de la poésie (L’Harmattan, Paris).
Ecrivain né à Bruxelles et vivant à Bruxelles, Jean C. Baudet poursuit,
depuis son « entrée en philosophie » en 1968, une recherche de sens basée
sur l’analyse radicale des discours prétendant à la Vérité : religions,
littératures, idéologies, science. C’est dans cette optique qu’il a notamment
étudié de manière approfondie la construction du savoir scientifique,
travail ayant donné en librairie une importante Histoire des sciences
en 7 volumes (Vuibert, Paris). Il est également l’auteur d’une épistémologie
des mathématiques (Mathématique et vérité, L’Harmattan) et d’une méditation
sur la technique (Le Signe de l’humain, L’Harmattan).
Jean C. Baudet est membre du Comité de rédaction de la Revue Générale,
et il participe aux travaux de l’association de poètes Grenier Jane Tony
(Ixelles).
Jean C. Baudet est né à Bruxelles en 1944. Après une formation d’ingénieur chimiste, il a commencé d’enseigner la philosophie au Collège de Gitega (Burundi) en 1968, jusqu’en 1973. Il fait alors un passage dans la recherche à la Faculté agronomique de Gembloux et à l’Université de Paris 6, jusqu’au doctorat en 1977. En 1978, il se lance dans l’édition, fondant la revue Technologia (Histoire des sciences et de la technologie), qui a paru de 1978 à 1989, et le magazine Ingénieur et Industrie, qui a paru de 1979 à 1996. Il a également, de 1989 à 1995, participé aux travaux du Groupe thématique sur les professions de l’Association internationale de sociologie, et il a enseigné la philosophie de la technique, de 1985 à 1993, dans le cadre du Programme interuniversitaire d’histoire des sciences du FNRS (Fonds national belge de la recherche scientifique). Intéressé par le rapport entre science et langage, il a été nommé membre du Conseil supérieur de la langue française en 1993. Depuis 1996, il poursuit sa réflexion épistémologique avec pour objectif une évaluation des discours : science, poésie, religions et idéologies. Il fait partie du Comité de rédaction de la Revue Générale.
Philosophie
Chez L’Harmattan, à Paris :
Mathématique et vérité, 180 pages, 2005.
Le Signe de l’humain, 172 pages, 2005.
Une Philosophie de la poésie, 153 pages, 2006.
Histoire de la pensée scientifique
Chez Vuibert, à Paris :
Nouvel abrégé d’histoire des mathématiques, 2002, IV+332 pages.
De l’outil à la machine (technique), 2003, IV+346 pages.
De la machine au système (technologie), 2004, VII+600 pages.
Penser la matière (chimie), 2004, V+389 pages.
Penser le vivant (biologie et médecine), 2005, IV+396 pages.
Penser le monde (physique), 2006, IV+283 pages.
La Vie expliquée par la chimie (biologie moléculaire), 2006, 133 pages.
La collection d’histoire des sciences et des techniques la plus récente
et la plus complète en langue française.
Un ouvrage de référence, dans le plein et meilleur sens du terme (La Libre
Belgique)
Maître-livre et modèle du genre (Nos Lettres)
Un magnifique ouvrage que tous les historiens des sciences et même toute
personne cultivée devraient posséder dans leur bibliothèque (Revue des
Questions scientifiques)
Un remarquable abrégé (La Recherche)
Les ouvrages de Jean C. Baudet ... ont pour effet de rendre les sciences
plus compréhensibles (Athena)
Un solide traité de référence (Archives internationales d’histoire des
sciences).
SEANCE DU 13 octobre 2007
Invité: HENRY LAGNEAUX
Romancier et Poète
Comptant déjà à son actif un recueil de Nouvelles « Ombres et Lumières
» ainsi qu’un roman « Le Prince sans Château », auteur par ailleurs de
plus d’une centaine de Poèmes, Henry Lagneaux signe ici son troisième
ouvrage et deuxième roman.
« Chœurs en discorde » nous plonge au centre d’une intrigue dans le monde
faussement consensuel des chorales. L’auteur, licencié en sciences politiques
et sociales, chargé de mission à la Communauté française –Direction de
la Culture-, Président de l’Association des Ecrivains Nivellois, est lui-même
choriste…
En nous livrant cette fiction qui emprunte au suspense d’ordre psychologique,
Henry Lagneaux avoue en filigrane la fascination qu’exerce sur lui la
musique en général, le chant choral en particulier. Ce dernier n’est-il
pas espace de communion à la Beauté universelle ?
Un article de Bertrand Van Autryve des Editions Alliages, paru dans la
revue Pégase, n° 230 (avril 2007) :
Henry Lagneaux connaît la romance !
On le connaissait souffleur de vers, ciseleur de poésie et voici Henry
Lagneaux en fin limier qui mène l’enquête. Dans son deuxième roman, «
Chœurs en discorde », la recherche du coupable relève de l’approche psychologique
et il faut l’aborder en orfèvre quand on sait qu’il est des blessures
plus rouges que le sang : celles dont on ne guérira pas.
Ce deuxième livre c’est cependant pas dans la veine du « roman psychologique
», à la manière d’un Paul Bourget, par exemple. Henry Lagneaux nous plonge
au « chœur » de l’action, dans le milieu éthéré du chant choral. Le narrateur
découvre rapidement les dessous de voix : les intrigues y sont légion,
de même qu’une soif inextinguible de pouvoir, incarnés par une femme.
Les personnages , bien campés, glissent inéluctablement vers leur dérive,
car tel est leur destin. Et ni Bach, ni Monteverdi n’y changeront rien.
L’auteur fait lui-même partie d’une formation vocale : il en connaît les
arcanes et se mue en subtil analyste du genre et de ses dérives. Sa compétence
de mélomane nous vaut quelques belles digressions musicologiques.
Fonctionnaire par ailleurs, il détaille avec bonheur les rouages de l’institution.
Enfin, Henry Lagneaux fait mentir la sentence de Victor Hugo : « ne mettez
pas de musique au pied de mes vers ».
Séance du Samedi 17 novembre 2007
LOUIS SAVARY
Aphoriste wallon
La poétique de Louis Savary :
« La poésie de Louis Savary se situe résolument sur le versant des énigmes
archaïques. Et la fracture originelle de la présence y est évoquée par
le paradoxe d’une parole enjouée et toute en glissement, qui se rapproche
de son objet en le tenant indéfiniment à distance. Le dire, dès lors,
ni ne cache, ni ne révèle : il participe toujours de l’énigme, construit
cette « clarté impatiente qui ne révèle rien « (Ray Di Palma). Enigmatique,
mais pas énigme à tic, le poème ne cherche pas à coder des ressemblances,
mais est intéressé au tremblement, à la vibration induite déjà à la surface
des mots. Pas de nul et de non avenu, mais des désirs qui font bouger
la langue, juste la langue, parce que tout passe par elle. D’où cette
joie beckettienne à jouer de et avec les codes, à s’enfoncer dans une
saine détresse, mais pas pour la faire partager : il s’agit de la placer
dans des mots pour en faire un bloc à jeter par-dessus les murailles.
Ou si l’on préfère : les mots contre les maux et dans un perpétuel appel
à l’autre en leur horizon.
Ecrit sous le signe de la compression afin de réorchestrer le déjà orchestré,
chez Savary le poème devient un jeu de cache-cache et d’édification. Les
mots glissent, perturbent le sens pour prendre sa place admise. Les métaphores
filent (à l’anglaise) et le travail est là : contredire, s’opposer au
filage. A fleur de mots –et non sur le motif de base- Savary recompose
: recomposition musicale, picturale, conceptuelle. Il renonce à l’imitation
et préfère frotter entre elles les lettres afin de produire l’apparition
d’une étincelle : chez lui l’essentiel du sens n’est donc plus référentiel.
Le poème n’est pas un panneau indicateur désignant un contenu. Toute velléité
« descriptive » nierait la raison ou plutôt la folie d’une telle poétique.
C’est pourquoi chaque texte s’ouvre en partant du milieu en un univers
apparemment de bric et de broc, mais pourtant astucieusement agencé. derrière
le chaos rangé, on se faufile aussi parmi la trame des choses afin de
faire partie de leur éclat, mais pas de leur décor. Là où les mots s’introduisent
afin de faire partie de leur éclat, mais pas de leur décor. Là où les
mots s’introduisent afin de faire jouer le sens, il y a une nécessaire
perte, mais elle devient un gain : les mots ne sont plus en effet les
fils d’Ariane des choses. Ils redoublent le labyrinthe pour une salutaire
dérive en leur « chant » lexical devenu lapidaire sous formes d’aphorismes
et d’apophtegmes.
Au milieu des quatre éléments le poème devient en conséquence une « tâche
de naissance » à reprendre sans cesse, il devient aussi une ellipse majeure
qui dans son trou noir permet de repenser le monde. Agençant et dévissant
les concepts comme d’autres les images, Savary dresse ainsi une carte
de la pensée. car derrière l’apparente face et le raccourci, l’enjeu est
bien la vérité perçue. A travers une feinte de gratuité se distingue chaque
fois en ses poèmes une ligne nette et, soudain, l’obscurité possède une
étrange clarté.
Telle est donc la problématique de ce travail : il ne s’agit ni de verrouiller,
ni de dilater, il ne faut pas plus réduire le dédale, mais lui donner
du roulis en découvrant à chaque texte un nouvel angle de vue.
Suivre ainsi les mystères dans l’ordre d’une poésie du non-repos et sans
doute d’un violent sentiment de malaise que l’humour tempère sans pour
autant offrir une cohérence de rechange,, mais –peut-être, et au bout
du compte- l’inconsolable certitude sinon d’une lumière humaine au moins
d’un vigilance, face à ce qu’il en est de la vie. »
J.-P. Gavard-Perret (La Pensée Wallonne, N° 161).
Jean-Paul Gavart-Perret enseigne la communication à l'Université de Savoie.
Poète, essayste et critique littéraire, il collabore à de nombreuses revues.
SEANCE DU SAMEDI 26 JANVIER 2008
Invité: DOMINIQUE AGUESSY
Ecrivain et sociologue
Sociologue, Licenciée en Lettres, ayant obtenu à Oxford (Templeton College) un diplôme en « Management », Dominique Aguessy consacre son temps à ses recherches en Sociologie et à la littérature. Elle a consacré de nombreuses année à l’étude des littératures et traditions orales en Afrique de l’Ouest principalement et en a tiré quatre ouvrages : Les trois premiers Les chemins de la sagesse, Le caméléon bavard, La maison aux sept portes, parus aux éditions L’Harmattan, à Paris, le plus récent : L’oracle du hibou paru aux éditions Maisonneuve et Larose à Paris également.
De son parcours syndical, elle a tiré un essai : Pouvoir et démocratie à l’épreuve du syndicalisme, paru aux éditions de l’UNESCO, un ouvrage où elle traitait spécifiquement des dérives du pouvoir politique, et de l’instrumentalisation politique du religieux. Au vu des questions d’actualité, Le CIRTEF ( Conseil international des radios et télévisons francophones) s’est récemment intéressé à cet ouvrage et a réalisé sur cette base une interview de Dominique Aguessy, diffusée à deux reprises sur la chaîne de télévision TV 5 monde.
Dominique Aguessy continue à écrire des articles de réflexion sur les questions d’actualité publiés principalement dans des revues paraissant au Sénégal.
Membre de l’Association des poètes du Grenier Jane Tony, elle a publié outre des contributions à des ouvrages collectifs, ou anthologies, trois recueils de poèmes : L’aube chante à plusieurs voix, Le gué des hivernages, Comme un souffle fragile. Elle participe régulièrement aux publications des Elytres du Hanneton.
Sociétaire de l’AEB ( Association des Ecrivains Belges de Langue Française) , Dominique Aguessy est aussi Membre du Conseil d’administration de l’AEB.
Sociétaire du PEN CLUB international section de Belgique et section de Paris, elle participe à de nombreux débats littéraires et est souvent sollicitée pour la présentation d’ouvrages d’auteurs belges ou français.
Membre de l’AREW, Association des Ecrivains Wallons, elle contribue ainsi au développement des Lettres françaises de Belgique ;
Originaire du Bénin, ayant étudié et vécu longtemps au Sénégal, Dominique Aguessy vit depuis de nombreuses années à Bruxelles où elle développe l’essentiel de ses activités littéraires.
Elle a reçu la distinction de Chevalier de la légion d’honneur, conférée par le gouvernement français en avril 2000.
Invité: MONIQUE THOASSETTIE
Ecrivain
Monique Thomassettie a publié une trentaine d'œuvres (poésie, contes et nouvelles, théâtre, romans et récits). Elle publie aussi dans diverses revues: Marginales, les Élytres du Hanneton, Remue-Méninges, Le Non-Dit, Inédit nouveau, les Amis de Thalie, Reflets Wallonie-Bruxelles, Sources (en ligne)…
Qu'elle s'exprime par le poème, le conte, le théâtre ou le roman, son écriture est essentiellement symboliste et poétique. Elle traduit une quête spirituelle aux frontières du mysticisme, indépendante de toutes les formes religieuses qu'elle n'en réunit pas moins dans un profond syncrétisme.
Bibliographie non exhaustive :
L'Ombre de Dieu (contes), Le Mât de Misaine, 1989
Encres sympathiques (poèmes), Le Non-Dit, 1992
Un Voyage ou Journal d'un peintre (contes), préface de Michel Joiret, Luce Wilquin, 1993
De Blancs Oiseaux boivent la Lumière (poèmes), Le Non-Dit, 1994
Feuilles mortes glissant dans l'eau claire (poèmes), Non-Dit, 1994
Verbes-Oriflammes, textes et tableaux, préface de Luc Norin, Luce Wilquin, 1995
Le Maître d'Or (roman épistolaire), Luce Wilquin, 1996
Triptyque (poèmes), Luce Wilquin, 1997. Premier volet : L’Ange Diagonale, traduit en croate par Tomislav Dretar sous le titre Dijagonala-Andjeo, Mode Est-ouest, 2000.
Les Seins de lune (contes), Luce Wilquin, 1998
Dieu sur le pont (nouvelle), Chouette Province, 1999
La Grâce (poèmes), Caractères, 1999
Triptyque théâtral :
Le Mystère de Sonia D'Ombrelaine, introduction de Jacques De Decker, Caractères, 2000
D'Oracles, Caractères, 2000
Foyer, Caractères, 2000
La portée d'exil (roman épistolaire), Lux, 2001
Variations pour songe sur un insaisissable absolu (poèmes), Maison de la Poésie d'Amay, 2002
Originaël (théâtre), Caractères, 2003
Plein cintre d'arc-en-ciel (poèmes), La Page, 2004
La Source d'incandescence (conte), La Page, 2004
La Musique promise (conte), Eole, 2004
L'infrangible vision (poèmes), Eole, 2005
Au tendre matin d'une éternité (conte), Eole, 2005
Printemps cosmique (dialogue), Bibliothèque Bela, octobre 2005
Miracle ! (théâtre), Bibliothèque Bela, octobre 2005
La Source raphaëlle (récit), Eole, 2006
Retrouvaille (roman), Eole, 2006
L'âme dénouée (contes), Eole, 2006
La source est mère d'océan (poèmes), Les Elytres, 2006
Les doigts de chèvrefeuille de la nuit (poésie), M.E.O.-éditions, 2007.
Mon beau Cygne perlé (Conte), Chloé des Lys, 2008.
Quelques critiques :
« L'œuvre de Monique Thomassettie trace des voies multiples, étranges,
errantes. Elle nous conduit constamment là où nous n'avions guère l'habitude
d'aller. L'artiste va, elle se perd. Elle nous perd. Mais cette forme
de deuil nous est nécessaire parce qu'elle nous apprend, précisément,
à survivre (...). Elle nous fait dériver de l'imaginaire au symbolique
» (Jean-Luc Dubart, Dossier L n° 53 du S.L.L., 1998).
« Monique Thomassettie est (...) à la poursuite de ce qui fait notre univers, notre destin dans leur imprenable portée. (...) Cette artiste est à la tête, aujourd’hui, d’une vingtaine de livres où théâtre, poésie, roman, conte, nouvelle composent depuis 1989 une fresque de réflexion, d’image, de pensée dont la circonférence et le centre sont partout, et dont les axes se retrouvent sous toutes les formes » (Luc Norin, La Libre Belgique du 27 août 2004).
« … Aucun tiroir ne convient à cette littérature inclassable, d'une richesse foisonnante, méditation poétique sur le rêve et le réel, sur les divers niveaux et sources de la connaissance… » (Gilpro, Critiqueslibres.com)
« La poésie règne sur cet univers, bien évidemment. Une poésie omniprésente,
omnisciente, qui outrepasse les limites des genres, qui ne se cantonne
pas dans l'art de faire chanter les mots.
Les mots sont magiques dans ses pièces, ils sont chargés de significations
secondes, mais la puissance de suggestion de ce théâtre ne tient pas qu'à
leur pouvoir direct, elle relève aussi de ce qu'ils peuvent entraîner
indirectement. De ces mots (naît) une représentation mentale du fantasme,
que Monique Thomassettie arrive à orchestrer avec une détermination qui
découle de la précision de sa rêverie.
Une rêveuse précise, qui nous aide à rêver à notre tour (…): ainsi nous
apparaît-elle, unique en son genre, subversive sans colère, révolutionnaire
non violente… »
Jacques De Decker, extrait de l'Introduction à « Le Mystère de Sonia d’Ombrelaine
» (Ed. Caractères, Paris, 2000 ).








